Dans plusieurs pays, la tradition associe le premier jour d’avril à la plaisanterie et à la mystification. Pour ceux et celles qui ont grandi dans un milieu marqué par la répression affective, le rire n’est généralement pas davantage la manifestation spontanée de la joie que les larmes ne sont celle de la tristesse. Si l’imprévisible était monnaie courante dans le milieu où nous avons grandi, il provenait bien plus de l’impulsivité que de la spontanéité et ce que les adultes trouvaient drôle ne nous amusait pas toujours.
Bien sûr, il y avait des exceptions et l’atmosphère pouvait s’alléger sans que nous sachions pourquoi le rire et la bonne humeur remplaçaient soudain les invectives de la veille. En général, nous préférions rester sur nos gardes car nous savions que le moindre incident pouvait provoquer une saute d’humeur qui nous ferait payer très cher de nous être laissés aller. Pour certains l’humour assurait au contraire un certain contrôle et ils jouaient volontiers le rôle d’amuseurs et de clowns. Leur protection favorite était un air désinvolte que rien ne semblait affecter. C’était aussi un moyen d’attirer l’attention mais, le spectacle terminé, ils se retrouvaient seuls avec leurs questions et leurs doutes.
Notre rétablissement réserve une place importante au rire et au jeu. Nous apprenons le plaisir de jouer de façon saine, sans nous soucier de l’approbation des autres, pourvu que nous ne leur fassions aucun tort. Le rire et le jeu supposent l’ouverture, et lorsque nous avons l’esprit ouvert, il y entre aussi le souffle de la spiritualité.
Résonance
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