Nous avons peut-être appris, pendant notre enfance, ou plus tard à l’école, à la télévision ou dans l’armée, que ne pas avoir peur équivalait à de la bravoure. Il y a dans ce concept une part de danger dans la mesure où il ne fait pas la distinction entre dépasser sa peur et la nier. En ce qui concerne la découverte de soi, il est essentiel de savoir faire cette distinction car, en niant une émotion, c’est une part de nous-mêmes que nous nions, excluant du même coup la véritable connaissance de soi.
Notre rétablissement nous aide à faire face à un inventaire souvent considérable de peurs réprimées. Nous apprenons à reconnaître et à éliminer bon nombre d’angoisses qui s’alimentent dans une perception dévalorisée de nous-mêmes. Quant à la peur légitime de l’inconnu et de l’imprévisible, nous l’apaisons en développant un sentiment de confiance
envers l’ordre supérieur insondable qui nous voit un jour rayonnants de bonheur et un autre, en proie à une souffrance dont nous savons bien qu’elle débouchera aussi sur la sérénité. Notre ouverture et notre disponibilité à la vie sont à la mesure de notre dépassement de la peur. La bravoure des vieux loups de mer ne consistait pas à franchir le Cap Horn en niant son existence, au contraire, ils le craignaient et ajustaient toutes les voiles afin de mieux le passer.
Aujourd’hui, j’accepte ma peur et je la
dépasse.
dans ma façon de vivre.
Résonance
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