La sagesse collective des Douze Traditions a choisi de conclure son énoncé de principes en faisant le lien entre l’anonymat et la spiritualité. La douzième Tradition nous rappelle que nous avons entrepris une démarche visant à nous libérer des contraintes d’une cuirasse caractérielle rigide et en particulier des compulsions, ces automatismes enracinés dans un passé non résolu et qui nous privent du libre choix. En prônant l’anonymat, la douzième Étape identifie la personnalité superficielle et égocentrique comme l’obstacle principal à la libération du Moi profond.
Tout au long des Étapes et des Traditions, nous avons vu affirmer l’ouverture spirituelle comme alternative à la prison de l’ego. La personnalité rigide limite l’ouverture. L’anonymat favorise l’ouverture à la spiritualité. Comme discipline spirituelle, l’anonymat peut prendre bien des formes. Le service dans ses aspects les plus discrets est une discipline spirituelle, qu’il s’agisse de la préparation de la salle de réunion, de l’étiquetage et de l’expédition de documentation, de l’information publique ou de tout autre acte d’entraide. Le don inconditionnel suggéré par la septième Tradition pour assurer l’autonomie du groupe est lui-même une occasion de mettre en pratique l’anonymat. La dictature d’une personnalité égocentrique nous avait conduits aux portes de l’entraide et il est symbolique que ce soit en nous rappelant l’importance de l’anonymat et des principes que se terminent les Douze Traditions. “Principe” a la même racine que “conception” et “acceptation”, racine qui exprime l’idée d’ouverture et d’accueil. La fin des Traditions est le début d’une respiration.
Aujourd’hui, j’exprime mon être spirituel à travers l’anonymat.
Résonance
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