La seconde Tradition fait, sur le plan collectif, écho à la deuxième et à la troisième Étape, en affirmant l’ouverture du groupe à une Puissance supérieure que chacun peut concevoir à sa façon. Elle affirme l’abolition révolutionnaire de la notion de hiérarchie telle que nous la concevons habituellement avec ses classes de dirigeants et de subalternes. Nos dirigeants ne sont que les serviteurs de la conscience collective de la communauté d’entraide qui leur a délégué certaines fonctions pour la représenter. Il n’est pas difficile de reconnaître dans cette conception les principes mêmes d’une saine démocratie. La seule autorité qui soit reconnue dans les Traditions est celle d’un “Dieu bienveillant”, expression que la troisième Étape nous a donné toute latitude de définir ou redéfinir. Il nous faut réconcilier deux notions habituellement contradictoires: celles d’autorité et de bienveillance. L’autorité dont il s’agit ici indique davantage une priorité et un ordre supérieur avec lesquels notre destin nous lie plutôt qu’une force antagoniste qui s’impose. La respiration a autorité sur notre existence physique sans être une dictature.
La seconde Tradition découle très naturellement de la première: si nous reconnaissons la priorité de l’intérêt de l’ensemble auquel nous appartenons, nous sommes attentifs aux besoins de l’ensemble; si nous reconnaissons le caractère sacré de la Vie, nous la laissons s’exprimer, nous reconnaissons son autorité et nous la servons.