Les Traditions constituent le code d’éthique des groupes d’entraide où s’effectue notre transformation personnelle, par la pratique des Douze Étapes. En quelque sorte, les Traditions sont l’explication détaillée du premier mot de la première Étape : Nous. Grisé par ses conquêtes technologiques, l’homme de la fin du vingtième siècle est forcé de modifier ses priorités égocentriques et de reconnaître l’importance des systèmes écologiques auxquels il appartient. Ce faisant, il se rend à l’évidence que toute la richesse et le confort qui résultent de son travail ne lui sont d’aucune utilité si sa survie est menacée.
La première Tradition nous rappelle que de la survie du navire dépend celle des passagers. La vitalité de nos groupes d’entraide dépend en premier lieu de l’unité de leurs membres et notre première contribution à cette unité est notre participation. Il peut sembler, a priori, contradictoire d’entreprendre une démarche d’affirmation de soi, en adoptant un principe qui affirme que le groupe a priorité sur l’individu. L’importance que nous attachons à cette apparente contradiction constitue une mesure du bénéfice que nous pouvons individuellement retirer de la pratique des Étapes et des Traditions. En effet, la personnalité “rétablie” qui émerge de cette pratique en est une pour laquelle le conflit entre individualité et appartenance a été résolu. Tant que nous essayons de garder un contrôle absolu dans nos relations, notre ivresse égocentrique mène le navire à sa perte. La première Tradition nous rappelle d’emblée que, pour changer, nous devons commencer par admettre que l’intérêt collectif est le garant de l’intérêt individuel.
Résonance
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