Le codépendant ne se pense pas entier sans l’apport d’un autre auquel il s’attache dans une relation de symbiose comme un poisson pilote sous le ventre d’un requin. L’altruisme du codépendant ressemble parfois à s’y méprendre à de la grandeur d’âme, mais s’accompagne d’une angoisse intarissable, en particulier dans les moments de solitude. Le codépendant panique à l’idée d’être privé de ses liens avec les autres, réaction qui n’est pas sans rappeler l’angoisse de l’alcoolique en manque d’alcool. Celui dont l’identité dépend d’un autre perçoit et dénonce souvent comme une incitation à l’égoïsme toute suggestion qu’il devrait se prendre en main.
L’affirmation que “notre programme est égoïste” doit s’entendre dans le sens où il s’adresse à des personnalités foncièrement dépendantes et pour qui tout mouvement de prise en charge de soi a toutes les caractéristiques de l’égoïsme. On ne saurait offrir aux autres un altruisme sain tant qu’on est prisonnier de relations codépendantes. Apprendre à dire non est parfois l’obstacle le plus redoutable que nous ayons jamais rencontré, les trois lettres qui barrent pour nous la route de la sérénité.
Aujourd’hui, quand je pense non, je dis non.
Résonance
Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.