La caractéristique la plus prononcée des enfants d’alcooliques à l’âge adulte est de ne faire confiance à personne. Cette règle de conduite est forgée par l’expérience douloureuse de la confiance trahie et des promesses brisées. Le revers de la médaille est que, sans la confiance, la vie est une prison. De plus, quand bien même nous voudrions faire confiance, n’ayant jamais vraiment appris, nous ne savons ni quand ni comment. La confiance des enfants diffère de celle des adultes en ce sens qu’elle s’exerce avec des personnes qu’ils ne peuvent choisir.
Que signifie “faire confiance” pour l’adulte que nous sommes? S’agit-il d’une expression qui décrit un désir de voir l’autre se comporter selon ce que nous attendons de lui? Est-ce un marché dans lequel on tente d’acheter la liberté de l’autre, hypothéquant du même coup le détachement qui devrait présider à notre relation? Si oui, notre façon de faire confiance nous prive à jamais de la joie de recevoir sans attente. La confiance devrait plutôt être une façon de choisir pour soi des relations dont on sent qu’elles nous rehaussent. C’est à nous-mêmes que nous devons apprendre à faire confiance tout en nous accordant aussi la permission de nous tromper. La confiance se développe en prenant des risques mesurés et en offrant aux autres la confiance qu’on a appris à avoir en soi. Notre vieille habitude du tout ou rien doit être exclue de cet apprentissage, elle est irréaliste et égocentrique. Le triomphe de la confiance est non seulement de risquer l’ouverture, mais aussi de se détacher avec gratitude et compassion de ceux qui ne savent respecter la confiance que l’on a en eux. Si nous le voulons, ils nous aident sans le savoir à atteindre la sérénité.
Résonance
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