La peur est l’émotion ressentie devant l’inconnu, le signal qui nous informe que nous n’avons pas les données nécessaires pour évaluer les risques d’une nouvelle situation. La réponse la plus simple à la peur est la paralysie, le refus de s’engager avant d’en savoir plus. L’inconnu n’est généralement pas intimidé par notre réponse, sauf s’il s’agit d’un animal ou d’un meurtrier dont on dit que faire le mort les amène à se désintéresser de leur victime. Seule la suite des événements indique si la paralysie a évité un grand malheur ou nous a privés d’une expérience enrichissante. Une alternative à la paralysie est d’identifier la situation nouvelle en la comparant à une expérience préalable afin de la rendre plus familière. Si la comparaison est juste et nous encourage à la vulnérabilité, nous nous ouvrons à l’inconnu. S’il s’agit, au contraire, d’une comparaison forcée et rigide, nous tombons sous l’emprise du préjugé qui équivaut à la supercherie ou au poker et nous conduit à la catastrophe lorsque le danger est sous-estimé, et à une expérience incomplète lorsqu’il est surestimé. On a souvent peur de la peur elle-même, par exemple quand on pense qu’il n’est pas acceptable d’avoir peur. Le chevalier idéal n’était-il pas sans peur et sans reproche ? On camoufle souvent la peur dans des comportements de diversion comme l’agressivité ou les larmes. L’insécurité financière est inévitable lorsqu’on mesure la qualité de la vie en biens matériels. Moyen pratique de mesure de nombreux échanges de services et de biens, l’argent, s’il est une fin en soi, équivaut à la drogue du toxicomane qui pense ne pouvoir exister sans elle.
Notre rétablissement conduit à la sobriété en son sens le plus général qui est la fin de la peur. La seule peur qui nous sépare de la sérénité est celle du premier pas.
Résonance
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