Plusieurs d’entre nous avons la tristesse comme compagne pendant une grande partie de notre vie. Ce qui ne commence souvent que par une mélancolie persistante finit par ronger toutes nos réserves d’énergie. À la tristesse succède la frustration, la fatigue, l’exaspération et, en fin de compte, la dépression et le désespoir. Plusieurs tentent de fausser compagnie à la tristesse en s’évadant dans la dépendance chimique ou affective, mais elle les suit comme une ombre. La tristesse, entretenue un jour à la fois, est plus intolérable que la souffrance qu’elle a pour mission d’endiguer. Elle ressemble aux intérêts d’une forte dette, incapables que nous sommes de repayer le principal et confrontés à des paiements toujours plus importants. La douleur que l’on réprime parfois depuis l’enfance est une dette non acquittée envers notre propre destinée.
La sagesse des Douze Étapes nous permet, non seulement de mettre notre compte affectif à jour, mais de continuer à payer comptant afin de ne plus accumuler d’intérêts. Nous n’y recourons malheureusement trop souvent qu’après avoir fait faillite. Apprendre à vivre, c’est apprendre à gérer son potentiel et son patrimoine personnel. La sérénité est la rente quotidienne de ceux qui savent investir les énergies exaltantes qui les animent. Cela implique parfois de s’abstenir de la gratification immédiate pour se concentrer sur le travail de rétablissement et de développement personnel qu’il reste à accomplir.
Résonance
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