Deux mars

Rien ne commence jamais que si on se le permet à soi- même.
—Claude Mauriac
   Nombreux sont ceux qui, ayant connu la dépendance chimique, ou psychique, savent la différence entre “vouloir arrêter” et “arrêter”, qu’il s’agisse de boire, de fumer, ou de toute autre compulsion. Nous les entendons, peut-être avec une certaine incrédulité, parler d’impuissance, de perte de contrôle et de capitulation. Comment, pensons-nous, peut-on parler avec une telle candeur d’un passé dont on a bien peu de raisons d’être fier et comment prétendre que la volonté n’est pas l’élément clé du changement?

   Notre rétablissement commence véritablement lorsque nous nous donnons la permission d’écouter les autres; il continue lorsque nous nous permettons de partager honnêtement notre désarroi, et il prend une envergure inattendue lorsque, lassés de vouloir contrôler l’incontrôlable, nous nous donnons la permission d’admettre notre impuissance. Après des années passées à vouloir, nous découvrons que l’obstacle le plus redoutable à la paix intérieure est de ne pas se donner la permission de cesser de vouloir.

Aujourd’hui, je me permets de vivre.

Résonance

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