Notre rétablissement ne peut se faire sans une certaine souffrance. Si nous n’avions eu à réprimer la souffrance qui a marqué nos premiers printemps, nous n’aurions pas aujourd’hui à réamorcer notre croissance par un programme de rétablissement. On peut aussi se demander si le fait d’avoir eu une enfance sans accroc ne serait en soi un problème qui nécessiterait, chez l’adulte, une thérapie de réintégration sociale dans des groupes de “Perles rares anonymes”.
Notre croissance personnelle fait partie du cycle de la vie et connaît ses saisons. Le printemps est la saison où se déchirent en nous les bourgeons. Il est essentiel que nous découvrions la différence énorme qui existe entre la souffrance contre laquelle on résiste, et celle que l’on assume dans l’abandon, celle dont on sait que lui résister serait refuser d’avancer. Le paradoxe est que la souffrance la plus acceptée, quelle que soit son intensité, est aussi la plus vivifiante parce qu’elle est fidèle au mystère de la vie. Le bourgeon qui refuse d’éclater est comme une femme enceinte qui refuserait d’accoucher. Un tel refus n’est bon ni pour la mère, ni pour le bébé.
Aujourd’hui, je laisse se déchirer en moi les bourgeons.
Résonance
Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.