Vingt-trois septembre

Quatre antimouvements de silence entrecoupé de sons… Beethoven était sourd.

— D.L.

   Nous avons quotidiennement recours à une foule de conventions tellement ancrées en nous que nous n’en sommes même pas conscients. Nous avons des échelles de mesure positives et négatives pour la plupart des phénomènes physiques et même pour des notions abstraites. Nous parlons de beau et de mauvais temps, d’émotions positives et négatives, de bien et de mal. En comptant les cinq doigts de la main, nous oublions les intervalles qui les délimitent. En imaginant que l’univers nous entoure, nous nous privons de la perception gratifiante d’un univers dont une région nous ressemble. Quand nous dansons, est-ce l’air qui nous suit ou nous qui le suivons?

   Notre croissance nous amène à élargir notre vision et à nous affranchir des conventions, à voir l’invisible et à entendre l’inaudible. La seule préparation requise pour ce voyage fascinant est de renoncer à tout ce qui limite pour nous le domaine du possible en lâchant prise. L’exploration d’énergies et de directions apparemment opposées, en plus d’être une aventure épanouissante, nous révèle notre point d’équilibre. De ce point, les mots perdent le pouvoir de décrire ce qui n’est ni immobile, ni en mouvement, ni petit, ni grand, ni condensé, ni dispersé. Étant au centre, nous rejoignons le tout. Ne dit-on pas “un point, c’est tout”?

Aujourd’hui, je vois entre les lignes.

Résonance

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