Ceux parmi nous qui avons grandi dans un environnement dont le seul élément prévisible était son imprévisibilité ont souvent des doutes sur la normalité de leurs pensées et de leurs actions. Cet inconfort va, pour certains, jusqu’au pressentiment tragique de devoir finir leurs jours derrière les barreaux d’une institution psychiatrique ou d’en venir au suicide. Condamnés à vivre en reclus, nous craignons avant tout que l’on découvre l’incompétence dont nous nous pensons affligés. Faute d’une définition fiable de ce qui est normal, nous avons adopté une rigidité extrême ou avons eu recours à une telle variété de masques que nous avons fini par perdre de vue notre véritable identité.
La découverte que nous ne sommes pas les seuls à nous poser ces questions est un véritable soulagement. Les pensées troublantes et l’angoisse devant l’inconnu sont le lot de millions d’hommes et de femmes sur tous les continents. Elles semblent inhérentes à la conscience humaine et ne sont qu’amplifiées dans des contextes familiaux instables. Ce qui est normal inclut tout ce qui est conforme à l’expression et à la satisfaction de nos besoins fondamentaux, en particulier de nos besoins affectifs. Pour identifier ces besoins et apprendre à les exprimer, nous devons démêler l’écheveau confus d’habitudes qui n’ont pour rôle que de refouler des émotions jugées trop pénibles ou inacceptables depuis l’enfance. Le normal et la norme sont deux notions fort différentes en ce qui concerne la réalisation de soi. Le propre d’un milieu épanouissant est d’ajuster ses normes pour favoriser l’épanouissement maximum de chacun. Les Douze Étapes et les Douze Traditions sont en ce sens des normes flexibles.
Aujourd’hui, je suis moi-même, donc je suis normal.
Résonance
Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.