Nous sommes à l’ère des communications. Les nombreux satellites qui sont en orbite autour de la terre nous arrosent de signaux en tous genres comme des pommes d’arrosoirs spatiales. Il n’est plus un coin du globe qui échappe à ce déluge d’ondes de radio, de télévision ou de téléphone. La conscience collective de l’homme s’éveille à un rythme accéléré depuis qu’il a vu sa planète bleue photographiée de l’espace et la santé de notre habitat fragile fait désormais partie de nos préoccupations. L’inconscient collectif dont le psychanalyste Carl Jung a fait le thème central de son œuvre devient, lui aussi, plus facile à concevoir, maintenant que nous sommes habitués à la communication sans fil.
Si les vibrations d’un cristal, d’une membrane ou d’une corde vocale peuvent être entendues aux antipodes et même, comme c’est le cas pour les sondes spatiales, au-delà des limites du système solaire, qu’en est-il des vibrations du cœur des hommes et des femmes dont nous partageons le destin mystérieux? Chaque battement de cœur fait vibrer la planète d’un mini tremblement de terre. Nous sommes tous des émetteurs et des récepteurs de Vie. À chaque respiration, nous inspirons un peu de l’univers et l’expirons quelques secondes plus tard après nous en être nourris. Les artistes et poètes consacrent leur vie à la détection de signaux qui nous échappent lorsque nous laissons le bruit quotidien envahir notre existence. En nous rétablissant, nous devenons des sans-filistes du cœur. Le concert des hommes ressemble à celui des grillons et des grenouilles sous le ciel étoilé des nuits d’été. Joignons-y notre pulsation personnelle.
Résonance
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