Notre corps constitue la seule possession matérielle qu’il nous soit donné de garder de la naissance à la mort. C’est pourtant celle dont nous abusons le plus, inconscients de son caractère unique et précieux. Les sévices et négligences que nous lui faisons subir constituent, de notre part, un véritable abandon. Il ne nous viendrait pas à l’idée de remplir le réservoir de notre voiture avec autre chose que le carburant prescrit, mais nous n’hésitons pas à consommer alcool, tabac, drogues, médicaments, nourriture malsaine et en excès. Tout conducteur consciencieux s’arrête dès qu’un voyant lumineux s’allume au tableau de bord ou qu’un bruit anormal attire son attention; par contre, nous ignorons généralement les avertissements de notre corps abusé et le forçons à continuer à coup de stimulants, de drogues et de médicaments. Beaucoup se sentent coupables lorsqu’ils prennent une journée de repos. Le vandalisme est un délit rarement impuni si l’auteur en est identifié, ce qui n’est pas le cas de certains châtiments corporels. Gifles et “corrections” sont distribuées aux enfants “pour leur bien.” Les agressions sexuelles, incestueuses ou non, et les assauts entre conjoints sont souvent cachés par les victimes qui, en proie à la peur, deviennent les partenaires silencieux de l’abus dont elles sont l’objet.
Le corps humain a souvent été comparé à un temple où réside l’Esprit. Notre temple est parfois devenu un terrain vague ou un édifice décrépi. Les transactions qui s’y tiennent en nient le caractère sacré. Une part importante de notre rétablissement consiste à chasser les marchands du temple.
Aujourd’hui, je traite mon corps avec le respect qui revient à un temple.
Résonance
Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.