L’excès n’est pas nécessairement manifeste. Les uns commettent en vingt ans l’excès que d’autres commettent en un jour. Il en va des comportements autodestructeurs comme de la pollution: plus ils sont subtils et progressifs, plus on est susceptible d’en être victime sans s’en apercevoir et plus il est difficile de réparer les dégâts. Cela ne veut pas dire qu’on n’est jamais dupe de l’excès lorsqu’il est manifeste. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les récits maintenant colorés d’humour de ceux qui sont tombés un jour amoureux d’une Juliette ou d’un Roméo manifestement éméché. Prétendre que l’amour est aveugle est une formule élégante pour qui ne veut admettre avoir fermé les yeux.
L’excès tue. Si nous lui avons survécu, sachons accueillir les excès passés comme des chemins qui nous ont conduits aux portes de la sagesse. Il nous reste à en franchir le seuil et à avancer. C’est grâce à notre passé que nous sommes exactement là où nous sommes aujourd’hui. La plénitude consiste à faire le plein de toute notre expérience. Ainsi intégrés, nos anciens excès nous conduisent à une jeune sérénité.
Résonance
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