Trois juin

Il faut quelquefois se promener au fond de l’abîme. Même si je descends jusqu’en enfer, le bras de Dieu est assez long pour m’en retirer.

Julien Green

   Certains d’entre nous ont connu des périodes et des événements qui méritent le vocable de descente en enfer. L’alcoolique et le toxicomane en voie de rétablissement racontent fréquemment leur expérience du « bas-fond » lorsqu’ils témoignent dans les groupes d’entraide. Le dépendant affectif se souvient, lui aussi, de la paralysie qu’il ressentait à l’idée de perdre ses relations compulsives. Le boulimique se souvient du sentiment de dégoût qui accompagnait ses pratiques alimentaires excessives et auxquelles il ne pouvait mettre fin. Le drogué du travail se souvient avec tristesse des moments précieux et à jamais révolus d’une vie familiale qu’il a laissés passer sans y participer, quand les affaires « importantes » de sa profession avaient priorité sur les siens, sur ses repas et même sur son sommeil.

   Nous quittons l’enfer des compulsions en acceptant la main qui nous est tendue dans l’entraide. Une puissance supérieure à la nôtre n’est accessible que si nous admettons les limites de notre propre puissance et acceptons de nous laisser aider. Beaucoup parlent alors avec enthousiasme de miracle. Avec du recul, nous en venons à nous demander pourquoi nous y avons si longtemps résisté.

Aujourd’hui, j’accepte la main tendue dans l’entraide.

Résonance

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