Dans le monde anglo-saxon, le dernier jour d’octobre est appelé Halloween, littéralement “la vigile des saints”. Dans un décor de citrouilles sculptées, de squelettes, de chauves-souris et de sorcières, les enfants déguisés passent de porte en porte quêter des friandises. Dans les traditions celte et gauloise, on préparait ce soir-là un dîner pour les âmes des ancêtres. Le premier jour de novembre est devenu, dans la tradition catholique, le jour des Saints et le deux celui des morts. C’est l’époque où la nature, dans l’hémisphère nord où se sont formées ces traditions, en est à la transition spectaculaire entre le feuillage d’été et le dénuement de l’hiver. Les feuilles mortes jonchent le sol et commencent à se décomposer sous les pluies et les gelées d’automne. Confrontés à l’intensité de la transformation qui s’accomplit dans la nature, nous faisons face à celle qui nous achemine inévitablement vers la mort.
Les recherches du psychologue américain Stanislav Grof sur les émotions entourant la naissance tendent à montrer que juste avant que ne commence le travail, survient une phase d’angoisse où les indices de la fin de la vie placentaire sont perçus par l’enfant sans que le soient la direction et la destination du changement qui se prépare. L’automne amniotique est arrivé et la peur précède le saut vers l’inconnu de la vie extérieure et individualisée. Notre vie comporte plusieurs transformations importantes précédées de leur automne angoissant. Le saut de l’adolescence vers la vie adulte en est un. Celui de la vie adulte égocentrique vers l’appartenance transpersonnelle en est un autre. Celui de la mort n’a d’équivalent dans son ampleur que celui de la naissance. Se rétablir, c’est aussi apprendre à aimer les automnes et à préparer le saut de la mort.
Résonance
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