Le dogme est un point de doctrine considéré comme une vérité fondamentale et incontestable. En dehors de la signification religieuse du mot, notre enfance a peut-être donné lieu à des perceptions si puissantes que nous avons nous-mêmes énoncé des dogmes de survie comme “les émotions sont dangereuses, les montrer rend vulnérable et attire inévitablement le rejet”, ou encore “il ne faut jamais faire confiance à personne”. Ces conclusions de l’enfant, pour aussi compréhensibles qu’elles soient, ressemblent aux généralisations hâtives du voyageur qui, se basant sur ce qu’il a vu entre l’aéroport et son hôtel, conclurait que le pays est sans relief et que tous les chauffeurs de taxi conduisent dangereusement. Nous sommes naturellement portés à ce genre de simplification et d’exagération. Lorsqu’une expérience limitée est érigée en dogme, c’est notre ouverture à toute expérience nouvelle qui en est affectée. L’enfant retranché dans des croyances rigides ne voit bientôt plus que ce qui confirme ses dogmes.
Notre programme spirituel est fondé sur un principe incompatible avec le dogme et qui peut se résumer en ces mots: “Rien n’est immuable, vivre c’est changer”. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas des modalités ou des priorités dans la façon de changer. D’une façon générale, le changement requiert une fin et un commencement. La fin dont il s’agit est celle des obstacles au changement. Il est, par exemple, essentiel de mettre fin à l’ébriété pour commencer à progresser dans la sobriété.
L’aventure du changement commence par l’aveu difficile de notre incapacité à changer seuls. Avoir l’humilité de répudier le dogme de la toute-puissance de notre ego est, en soi, une marque de changement.
Résonance
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