Huit janvier

C’est celui qui se perd qui trouve les voies nouvelles.

— Nils Kjaer

  La liberté est l’absence de lien, l’accès au choix. Plusieurs d’entre nous, après avoir émergé d’une enfance plus mémorable par ses contraintes que par la liberté, ont abordé la vie comme une gigantesque chasse au trésor. Nous allions bien finir par trouver la solution au malaise intérieur qui nous rongeait. Nous avons alors mis le cap vers l’homme, la femme, l’endroit, le système politique et social, le climat, l’emploi, l’expérience religieuse ou l’idéal qui, nous en étions convaincus, allait nous fournir le morceau qui manquait à notre puzzle. Pour certains, le suicide ou l’internement psychiatrique a même pu constituer la porte ultime que, dans leur frustration, ils étaient prêts à franchir. Notre chasse au trésor nous a vus suivre maintes fausses pistes, maintes fois rebrousser chemin et nous retrouver sur la route d’autres chimères.

   Soudain, au moment où nous nous y attendions le moins et où nous avions peut-être perdu l’espoir de sortir du labyrinthe, nous avons vu briller les premiers mots d’espoir : “Cherche des réponses en toi-même.” Ce fut, pour beaucoup, l’extrémité d’un fil d’or tendu au bord du chemin de la paix intérieure, du chez-soi hospitalier d’où nous n’aurions plus jamais à nous enfuir. Il a fallu que nous nous perdions pour découvrir les voies nouvelles de la liberté.

Aujourd’hui, je suis mon chemin intérieur.

Résonance

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