L’homme glisse depuis l’aube des temps à la surface des océans. À l’époque des grands navigateurs, tout ce qui se trouvait sous la surface de la mer se voyait attribuer des propriétés magiques, souvent terrifiantes. On parlait de serpents de mer, de poulpes géants, de sirènes séduisantes attirant les marins à leur perte. Arrivent alors Jacques Cousteau et d’autres pionniers de l’exploration sous-marine. À quelques brasses de la surface, ils nous ont révélé un monde féerique, grouillant d’une vie si diverse et fragile que nous risquons d’en anéantir des espèces avant même de les avoir découvertes. Ce fut ensuite le tour de l’exploration des grands fonds, par sous-marins et sondes téléguidées. Quatre-vingts ans après le naufrage du Titanic, l’homme en retrouvait l’épave sous quelques trois mille mètres d’eau.
L’exploration de soi ressemble à celle des océans et, à plus d’un titre, nous en sommes encore à l’âge des grands explorateurs du psychisme. Christophe Colomb est un héros ou un filou selon les points de vue. Freud aussi. Nous avons tendance à attribuer des pouvoirs maléfiques ou à tourner en dérision tout ce qui échappe au contrôle de notre conscience. L’occulte, le paranormal et l’extra-sensoriel sont ainsi fréquemment associés à la divagation ou au satanisme. Notre rétablissement nous réconcilie avec les parties cachées de notre être. Il n’est pas rare que nous y trouvions les épaves des naufrages qui ont marqué notre passé. Par contre, nous y trouvons aussi l’univers fascinant de la vie sous la surface. Il serait dommage de la méconnaître ou de l’exterminer.
Résonance
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