La dépendance est l’état naturel de l’enfant. La maturation personnelle, dans des conditions idéales, voudrait que nous passions sans accroc de l’état de dépendance absolue à celui d’interdépendance harmonieuse. La réalité veut que cet idéal soit rarement atteint, en particulier lorsque certains accrocs affectent le processus d’individuation en le retardant ou en l’accélérant. Dans un cas comme dans l’autre, les frontières de notre personnalité comportent des zones rigides ou, au contraire, des brèches. De plus, nous en restons à une vision du monde où c’est à l’extérieur de nous-mêmes que nous identifions nos problèmes et imaginons trouver des solutions, ce qui revient à une autodépréciation extrême. La codépendance est l’état qui consiste à ne pas se prendre en main en continuant de blâmer des circonstances que nous ne pouvons changer ou de s’imaginer que la paix intérieure dépend de conditions extérieures. Il est parfois difficile de faire la différence entre dévoiler des abus et en blâmer les auteurs. Tout est dans le mobile de la révélation. En ne coopérant plus avec la loi du silence, nous décrivons la réalité telle que nous la percevons afin de vaincre notre déni.
Codépendants, nous commençons par examiner et améliorer les frontières de notre identité. Étant donné que l’homme n’est pas un système isolé, qu’il existe en relation avec son environnement et ses congénères, ce travail de restauration requiert un paysage humain favorable, sinon les mêmes causes continueront à produire les mêmes effets. Là réside toute la raison d’être des mouvements d’entraide: créer un climat de rétablissement et de croissance. Les découvertes y sont nombreuses, certaines pénibles, d’autres fantastiques. Il ne s’agit de rien de moins que d’apprendre à vivre.
Résonance
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