La rubrique intitulée Où sont nos navires, dans le journal local, a longtemps été pour les parents et amis des marins bretons le seul moyen de suivre, en pensée, les lointains voyages des enfants du pays qui avaient pris la mer. Pour d’autres lecteurs, en particulier pour les enfants, c’était une fenêtre ouverte sur le monde, où se succédaient et s’associaient des noms de villes lointaines et ceux, parfois familiers, des vaisseaux qui y faisaient escale ou y étaient attendus: Port Saïd, Djibouti, Fort-de-France, Abidjan…
Notre vie est souvent comparée à un navire et nos échecs à des naufrages. Adultes issus de milieux dysfonctionnels, notre navire a levé l’ancre, plein d’espoir, vers les horizons de relations codépendantes. En guise de sérénité, nous n’y avons trouvé qu’un exil amer dont beaucoup ne sont jamais revenus.
Pour ce voyage-là, nous n’étions équipés ni de cartes, ni de boussoles, ni de système de pilotage. Aujourd’hui, nous avons les principes de navigation et de communication des Douze Étapes et des Douze Traditions. Nous pouvons à la fois explorer le vaste océan de notre destinée et rester en contact étroit avec ceux qui nous sont chers, qu’ils soient restés à terre ou qu’ils aient eux-mêmes pris la mer.
Le bateau ivre où nous dérivions est devenu sobre, la fragmentation et le naufrage ont fait place à la navigation confiante et sereine. Le vent de l’Esprit gonfle nos voiles. À tous, bon voyage.
Aujourd’hui, où est mon navire?
Résonance
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