Trop souvent, l’éducation n’est qu’une course au diplôme où la sélection se fait selon des critères qui ne tiennent compte que d’une dimension fort étroite de la personnalité. Le message implicite dans de tels systèmes est que la valeur de l’individu se mesure au nombre de diplômes qu’il peut exhiber ou au nombre de candidats qu’il a “battus”. L’impact de ce type d’éducation apparaît lorsque l’on constate qu’à trop vouloir gagner sa vie, on finit par la perdre. C’est un peu comme si le centre apparent de la personne ainsi éduquée s’était déplacé hors d’elle pour se retrouver quelque part entre des rayons de livres ou sur un mur, au milieu d’une rangée de certificats. Plus tard, il faudra à ces adultes instruits, un courage et un temps considérables pour se rétablir de leur périple hors d’eux-mêmes et retrouver la route de leur véritable instinct. Notre instinct, notre intuition, notre Moi profond, sont le centre véritable de notre être. C’est à partir de ce centre que s’exerce la faculté d’aimer. Trop souvent, notre nature profonde n’a plus voix au chapitre et ses murmures sont ensevelis sous les édits rigides et rationnels de l’homme “cultivé”. “Ceci n’est pas bon pour ta carrière”, “cela ne se fait pas”, “une mère de famille ne doit pas penser ainsi”.
L’harmonie que nous recherchons à travers notre rétablissement requiert que nous reprenions à notre compte le précepte de Montaigne en matière d’éducation: “Je voudrais aussi qu’on fût soigneux de lui choisir un précepteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine…” Les parrains ou guides spirituels que nous offre l’entraide sont des précepteurs qu’il nous appartient de choisir davantage pour leur sagesse que pour leur science.
Résonance
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