Lorsque nous associons désaccord avec départ, nous affirmons ne pas savoir concilier notre individualité et l’appartenance à la relation. Une telle affirmation est plus souvent fondée sur un manque de connaissances que sur une incompatibilité fondamentale. Très souvent nous ne connaissons même pas les véritables mobiles de notre désir de partir. La peur inconsciente de l’abandon nous pousse en effet à préférer avoir le contrôle des circonstances d’une séparation plutôt que de rester à la merci d’une situation incertaine. Il est tragique de détruire ce qu’on a peur de perdre.
Le dynamisme d’une relation est fondé sur l’acceptation des différences. L’égalité des partenaires concerne le droit d’être exactement là où ils en sont et d’avoir égal accès aux moyens de s’épanouir. Mais, diront certains, si la différence est telle qu’il y a incompatibilité, ne faut-il pas savoir partir? Avant de recourir à la solution radicale du départ, il est prudent d’explorer la possibilité que nous soyons complices de ce qui soulève notre désaccord. Sans notre coopération, la situation qui nous pousse à partir existerait-elle? Le désaccord est une occasion de s’affirmer et non de s’effacer. Cela ne veut pas dire que le départ ne constitue pas parfois l’ultime affirmation de soi. Nous en revenons alors au précepte qui nous invite à prévenir l’autre si nous nous apprêtons à partir.
Résonance
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