Nos relations avec les autres sont comme les rayons de la roue d’une charrette dont nous serions le moyeu. Dans une perspective égocentrique, nous pensons que les rayons convergent vers nous au lieu de nous rendre compte qu’ils sont conçus pour transmettre notre mouvement à la jante. De même que, pour le moyeu égocentrique, le rayon ne fait que transmettre les cahots du chemin, la relation vécue de façon égocentrique est génératrice de conflit et d’usure. On associe souvent égocentrisme et grandiosité, ce qui suggère l’image d’une autre roue, celle du paon dont le faisceau de plumes lui sert à capter l’attention des autres. Les attitudes de martyr et d’éternelle victime ne sont pas moins égocentriques que la vanité. Elles nous définissent en fonction de l’impact que les autres ou les circonstances ont sur nous plutôt que par l’expression spontanée de notre véritable nature. Chaque fois que nous nous référons au crible de notre vécu, nous faisons également preuve d’égocentrisme. C’est donc dire que l’égocentrisme est un mécanisme de base dans l’exercice de ce que nous appelons la raison. On ne saurait l’éliminer et rester raisonnable. On peut, par contre, le transcender en prenant conscience du fait que l’harmonie individuelle est inséparable de l’harmonie du tout.
L’entraide est fondée sur la solidarité. Elle affirme d’emblée qu’une structure en rayons nous relie au cercle des autres et que le bien-être individuel dépend de l’unité de l’ensemble. La réciprocité qui s’exerce le long des rayons ressemble à l’effet d’inertie de la roue. Elle régularise le mouvement du moyeu et continue à le faire tourner même s’il est temporairement à court d’énergie. Le service rendu, la disponibilité et la compassion sont nos contributions personnelles à l’harmonie universelle.
Résonance
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