Nous essayons parfois avec insistance de nous adapter à des rythmes qui ne nous conviennent pas. Certains, épris d’intensité et de contraste, semblent trouver dans des situations de crise une confirmation qu’ils sont bien en vie. D’autres, au contraire, semblent se retenir de vivre, timides et effacés, on dirait qu’un ressort s’est cassé en eux. Nous avons souvent recours au rythme que nous pensons approprié plutôt qu’à celui qui nous est propre, d’où un certain sentiment de déphasage et de déséquilibre. Pour que la danse soit fluide, le rythme du danseur doit coïncider avec celui de la musique et non le suivre. On dit alors de quelqu’un qu’il a la danse au ventre.
Notre programme spirituel en est un de recherche du seul rythme avec lequel nous puissions jamais ressentir l’harmonie: celui qui exprime fidèlement la vie en nous. Comme un instrument de musique, nous devons nous accorder pour produire la note la plus pure que nous puissions émettre. Le mot accorder est relié à la fois au mot “cœur” et au mot “corde” qui veut littéralement dire “boyau”. Est-il définition plus viscérale de notre corde sensible? On ne saurait parler de spiritualité sans parler de la voie du cœur et déboucher sur le paradoxe: celui qui adopte le rythme des autres ne suit pas la voie du cœur; celui qui suit la voie du cœur découvre qu’il bat au rythme des autres.
Résonance
Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.