Au nom d’une gratification à court terme, nous compromettons parfois notre intégrité en nous comportant comme si nous avions une personnalité qui agit et une autre qui pense. Prenons l’exemple de notre sexualité : il n’est pas rare qu’elle devienne le véhicule par lequel nous tentons de nous évader de nos conflits intérieurs. Certains expriment par l’activité sexuelle une domination associée à de la colère, d’autres tentent au contraire d’y exorciser la peur de l’autre sexe, d’autres encore s’en servent comme d’un chemin détourné vers l’affection et la valorisation de soi.
Nos actes et notre passivité peuvent ainsi dissimuler nos mobiles ou clairement les communiquer. La fragmentation entre mobiles et actions ronge l’âme comme un exil et nous mourons lentement du désir inassouvi de rentrer chez nous.
Pour aligner ce que nous aimons avec ce que nous accomplissons, il est essentiel d’avoir une idée claire de ce que nous aimons. Cela suppose que nous nous interrogions sur nos mobiles. Aimer est en effet le mobile qui subsiste lorsque les autres sont démystifiés. Cela suppose aussi que nous nous entraînions à aimer. L’entraide est le type même de relation où l’on pratique les gestes qui expriment l’amour. Au risque de contredire les mathématiciens, le cercle est un endroit de prédilection pour qui recherche la droiture.
Résonance
Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.