Il est infiniment plus difficile à certains d’entre nous de recevoir que de donner. Pourtant la rivière de la vie, lorsqu’elle prend la forme du don, devrait couler sans résistance aussi bien des autres vers nous que de nous vers les autres. Serions-nous, à nos propres yeux, moins dignes de recevoir que celui à qui nous donnons avec tant d’empressement? Notre don à l’autre est-il un don véritable ou une manipulation dont nous ne voudrions pas être victimes venant des autres? Achetons-nous, sous les apparences du don, les bonnes dispositions des autres à notre égard? Le don apparent est-il notre façon de créer chez les autres un sentiment de dette envers nous? Pensons-nous ne valoir l’attention de l’autre que si nous faisons quelque chose pour la mériter? Toutes ces questions débouchent sur le problème central de l’autodépréciation, c’est-à-dire de l’estime de soi chancelante ou même transformée en haine de soi.
Notre rétablissement est souvent décrit comme une démarche égoïste, mot qui provoque la culpabilité quand on souffre d’autodépréciation. Il est pourtant logique d’appeler ainsi un travail qui porte sur une réforme systématique des frontières de l’ego. Les relations intimes requièrent que les partenaires y apportent leur propre harmonie et celle-ci s’acquiert par une identité équilibrée. Recevoir ce que l’autre nous offre est une façon concrète de s’affirmer et “bien recevoir” est d’un apprentissage tout aussi difficile que “bien donner”.
Résonance
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