Lorsque le silence se fait trop lourd, nous avons à notre disposition un vaste répertoire de techniques de bruitage. Nombreux sont ceux qui vivent dans un nuage sonore, comme si tout silence leur était insupportable. Certains parlent pour ne rien dire et faire diversion. D’autres annoncent leurs allées et venues et se donnent bonne contenance en fredonnant des airs dont, si on leur le demande, ils ne savent jamais le titre. Le silence quant à lui sert parfois à punir. On l’utilise pour isoler, pour marquer la désapprobation.
Notre rétablissement exploite la parole et le silence comme sources d’expression plutôt que de contrôle. Le silence favorise la prise de conscience de nos états d’âme. C’est dans cet esprit que la plupart de nos réunions d’entraide commencent par un moment de silence. Deux minutes de recueillement, immobiles et en silence, constituent pour plusieurs une épreuve plus difficile que le marathon. La parole, quant à elle, sert à informer plutôt qu’à contrôler. Lorsque nous écoutons les autres, leurs paroles ne sont qu’une information qui n’est assortie de notre part d’aucune obligation d’agir ou de réagir. Lorsque nous prenons la parole, nous exprimons l’intégralité de notre pensée et de nos émotions; il est donc important que nous en soyons conscients. La liberté de parole devrait être la liberté de choisir les mots qui nous font justice plutôt que celle d’imposer aux autres le bruit d’un moulin à paroles qui sert à nous dissimuler. La parole utile est honnête et prend source dans un silence honnête.
Aujourd’hui, je choisis mes mots et j’écoute les autres.
Résonance
Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.