Les nouveaux membres des groupes d’entraide passent souvent par une période où ils tiennent les autres pour responsables de leurs malheurs, suivie d’une autre période où ils se disent “plus malades” que leurs anciens boucs émissaires. Se dire “malade” est encouragé par un courant de pensée qui a au moins le mérite d’aider ceux qui entreprennent de se rétablir à se prendre en main. Il serait peut-être plus juste de parler d’ignorance que de maladie et d’éducation plutôt que de rétablissement. La sagesse et l’expérience des parents et des ancêtres sont transmises aux enfants soit à petite dose par l’exemple quotidien, soit au moment des grandes transitions sous forme de rituels d’initiation. La carence affective associée à certains troubles compulsifs et la disparition des rituels d’initiation font en sorte que plusieurs d’entre nous avons grandi sans le bénéfice de cette transmission. Plus la carence est grande, plus nous nous agrippons à des solutions de remplacement. En temps de famine, on réduit ses besoins et on peut aller jusqu’à manger des rats. Coeur affamé tombe aussi parfois amoureux d’une poubelle. Nous sommes habitués à une diète de misère.
Pour découvrir nos véritables besoins et les satisfaire de façon harmonieuse, il n’est pas meilleure école que l’écoute des autres et la reconnaissance de soi par l’identification. En renouant avec le monde des émotions, nous renouons avec notre humanité. L’humain en nous a besoin d’exprimer ses émotions et de se réaliser par la créativité. On a vite fait de crier au mal de vivre lorsqu’il ne s’agit souvent que des conséquences de vivre mal.
Aujourd’hui, j’apprends à me reconnaître.
Résonance
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