Le thème du temps qui passe inspire une littérature abondante, comme si le fait d’en parler nous permettait de l’exorciser. Pour les uns, le temps est porteur d’espoir et il n’y a de vie que dans l’avenir. Pour d’autres, il est l’ogre de la jeunesse et l’inéluctable assassin de la beauté. Chaque heure blesse, disait quelqu’un, seule la dernière tue. Les sages, quant à eux, parlent comme si le temps n’existait pas et nous invitent à le transcender.
La sagesse des Douze Étapes et des Douze Traditions préconise une plénitude ancrée dans l’acceptation de la réalité, c’est-à-dire dans le présent. Afin de tendre vers le détachement idéal, nous vivons un jour à la fois, une heure à la fois en temps de crise. L’homme se réalise en mettant sa liberté au service de ses choix. Le choix n’a de réalité qu’à l’instant où nous le faisons. Le drame n’est pas dans le refus de choisir, car le refus est lui-même un choix, il est dans l’incapacité de choisir, véritable perte de la liberté. On voit à tort dans l’acceptation de la réalité un aveu d’impuissance et une incitation à la passivité. Acceptation et conception ont la même racine qui signifie “recevoir”. Dans un cas, on accueille ce qui vient de l’extérieur, dans l’autre, on s’y joint intérieurement et on met au monde. L’acceptation et la conception sont des étapes de création qui n’ont de sens qu’au présent et qui constituent les composantes de l’inspiration.
Aujourd’hui, je vis au présent et je suis créateur.
Résonance
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