La souffrance de l’homme est la source de questions intenses sur le sens de la vie. Conscients ou non de notre propre souffrance, nous éprouvons une révolte amère devant la souffrance des enfants : pourquoi les enfants doivent-ils éprouver les horreurs de la famine ou de la guerre ? Pourquoi ces êtres innocents doivent-ils payer de leurs larmes et souvent de leur vie les erreurs ou la folie de leurs aînés ? Comment croire en la beauté de la vie tant qu’un seul orphelin pleure devant les ruines laissées par le tremblement de terre qui vient d’emporter ses parents ? Comment aimer les fleurs lorsque, sous nos yeux, la vie est lentement sucée des veines d’un enfant par une leucémie ou une tumeur au cerveau ? Qu’avons-nous fait nous-mêmes de notre souffrance d’enfant, entourés que nous étions peut-être d’adultes absorbés par leur drogue de choix : alcool, travail ou autre ?
Plusieurs d’entre nous doivent leur premier mot d’espoir, leur lumière au bout du tunnel, au message inspirant de ceux qui témoignent de leur rétablissement dans des groupes d’entraide. C’est comme si, tout à coup, la souffrance des autres devenait le sol où était semée, à notre insu, la moisson de notre libération. Bientôt nous sentons monter en nous une gratitude envers ceux et celles dont la peine a pavé le chemin de notre découverte de l’espoir. La consolation de l’enfant en nous nous réconcilie avec la souffrance incomprise. Notre rétablissement devient alors lui-même source d’inspiration et notre souffrance prépare une moisson d’espoir pour les autres.
Aujourd’hui, j’engrange une moisson qui a mûri dans la souffrance.
Résonance
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