Nous aimons voir jouer les petits de n’importe quelle espèce et les jouets que nous offrons aux enfants ou ceux qu’ils s’inventent eux-mêmes témoignent de la place importante du jeu dans le développement humain. C’est en jouant que nous apprenons à être seuls et c’est en jouant que nous apprenons à interagir. Le jeu est le principe de base de bien des méthodes pédagogiques et le travail que l’adulte idéalise est souvent celui où il peut, en même temps, avoir l’impression de jouer. Nous apprenons malheureusement aussi à jouer de façon beaucoup moins spontanée que les enfants. Jouer pour un gain autre que le plaisir de jouer ouvre la porte à toutes les distorsions dont est capable l’esprit humain, depuis le jeu compétitif compulsif jusqu’au sinistre jeu de la roulette russe, en passant par les jeux d’argent. L’excitation que ces formes de jeu nous procurent leur donne l’attrait que nous leur connaissons. Le rire et le sourire en sont pratiquement absents et seule la victoire, lorsqu’elle se présente, a le pouvoir de dérider le joueur compétitif.
Réapprendre à jouer et à rire, reprendre contact avec l’enfant triste qui se terre encore en nous, constitue pour beaucoup la tâche principale d’un retour à la sérénité après des années consacrées à l’excitation ou à la dépression. Il faut apprendre à perdre et même à éliminer les notions de gagnant et de perdant pour pouvoir apprécier le jeu. En acceptant la part de pertes qu’elle comporte, nous apprenons à sourire à la vie.
Aujourd’hui, je laisse jouer l’enfant en moi.
Résonance
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