L’enfance en milieu où l’on réprime les émotions est un douloureux voyage de transformation qui nous fait passer très vite de la spontanéité à la rigidité et de l’innocence à la responsabilité du monde des adultes. Nous nous consolions peut-être en nous disant que nous trouverions bien, en grandissant, une solution au malaise intérieur qui accompagnait notre enfance accélérée. L’âge magique de seize ans ferait de nous des grands et nous comptions les années à rebours. Nos seize ans arrivés, le grand soulagement attendu a été remis à dix-huit ou à vingt et un ans, l’âge de la majorité qui nous donnerait le droit de nous marier avec ou sans le consentement de nos parents, celui d’entrer légalement dans tout établissement interdit aux plus jeunes et, en un mot, celui d’être indépendants. Habitués à remettre le bonheur à demain, nous avons continué à vivre comme des chasseurs de rêves. Ce n’est souvent qu’après avoir épuisé nos réserves de patience et d’énergie qu’il nous est venu à l’idée que si le bonheur continuait à se dérober, c’était peut-être que nous ne savions ni comment ni où le trouver.
Notre rétablissement requiert que nous changions radicalement la direction de notre recherche. Un retour en arrière nous fait redécouvrir l’enfant intérieur dont notre fuite vers l’avenir nous avait séparés. Il est la seule version authentique de la personne que nous sommes et son épanouissement est notre destinée la plus vraie. Pour que l’enfant en nous grandisse, nous devons commencer par le reconnaître et l’accueillir.
Aujourd’hui, j’accueille l’enfant en moi.
Résonance
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