S’il est une émotion familière à bien des adultes issus de familles dysfonctionnelles, c’est la colère. Beaucoup parlent même de rage. La rage est une colère si ancienne qu’elle en est devenue rance. Nos accès de colère sont sans grand rapport avec l’irritation qui met le feu aux poudres: nous explosons, pour des vétilles, de toute la force de dix, vingt ou quarante ans de colère contenue. Nous sommes des spécialistes de la tempête dans le verre d’eau. La colère fait partie des compulsions qui nous privent de la maîtrise de notre vie. Pour les uns, il s’agit d’un comportement passe-partout qui masque la peur ou quelque autre émotion d’un répertoire émotif limité. Pour d’autres, au contraire, la colère est elle-même interdite et constamment refoulée derrière les larmes de la frustration et l’inhibition de la peur.
Pour nous rétablir, nous devons remettre en question la place que tient la colère dans notre vie quotidienne, les uns en cessant de l’utiliser comme un masque protecteur, les autres en apprenant à l’exprimer de façon appropriée et sans nous sentir coupables.
Aujourd’hui, j’apprends à exprimer la colère.
Résonance
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