Nous héritons, à la naissance, de tout un contexte culturel où la famille biologique trône sur un immense reposoir d’où elle doit à jamais nous inspirer respect, crainte, loyauté, amour filial et autres attributs d’enfants “reconnaissants”. Dès qu’une telle exigence se paie du déni des besoins véritables de l’enfant, nous entrons assurément dans le domaine de la répression. S’il est en effet un être dans le milieu familial dont les besoins le mettent à la merci des adultes, c’est l’enfant. Exiger de l’enfant qu’il réprime ses besoins pour satisfaire ceux des adultes revient à lui demander la rançon de son propre épanouissement pour le privilège de s’asseoir à la table familiale. On pourrait parler d’extorsion et d’abus de pouvoir. Nous ne devrions pas être trop surpris de retrouver, quelques années plus tard, l’ex-otage en colère, s’évadant dans la drogue ou, plus tragiquement encore, dans le suicide. Les survivants du culte familial des bonnes apparences deviennent maris, femmes, pères et mères. Où ont-ils appris à jouer ces rôles? Qui va devoir satisfaire les besoins réprimés depuis leur enfance, maintenant qu’ils ont “le pouvoir”? Qu’advient-il de leurs enfants?
Dans notre programme de rétablissement, nous prenons la décision d’interrompre le cercle vicieux de la répression et faisons culbuter le reposoir où trône la famille idéale. En apprenant à satisfaire sainement nos besoins en tant qu’adultes et en nous libérant des ressentiments qui recouvrent les besoins réprimés de notre propre enfance, nous mettons fin à un héritage de douleur. Honorer nos aînés pour avoir relevé les défis qui se sont présentés à eux avec les moyens limités dont ils disposaient ne requiert nullement que nous en fassions des dieux.
Aujourd’hui, j’honore ma lignée parentale sans en faire une mythologie.
Résonance
Si cette feuille a fait naître en vous une pensée, une émotion ou un écho, vous pouvez la déposer ici, simplement. Cet espace n’est pas un lieu de débat, mais un lieu de partage discret et respectueux.