Le mot “égocentrisme” est généralement associé à la grandiosité et à la vanité. Il s’applique en fait tout autant à la personnalité qui s’adonne dans l’ombre à des comportements autodestructeurs. Est égocentrique non seulement celui qui se comporte comme si l’univers entier devait se prosterner à ses pieds, mais aussi l’individu au tempérament de “victime” ou de “martyr”, qui pense que tout l’univers est ligué contre lui. Un égocentrisme frisant le narcissisme se rencontre fréquemment chez les enfants dont les émotions ont été réprimées. Il consiste à protéger les idéaux intériorisés pendant l’enfance, lorsqu’une réalité répressive faisait du rêve une planche de salut. Ces idéaux n’existent que pour compenser la réalité frustrante qui les a provoqués et dont le souvenir est, lui aussi, enchâssé. L’égocentrique traverse la vie, cramponné à ses fantasmes, incapable d’ouverture aux autres. Plusieurs d’entre nous transportons encore en nous l’illusion de parents idéalisés, juchés sur un piédestal, et pour ne pas leur déplaire, nous recourons à des comportements rigides et artificiels. À leur côté, l’écho tenace des messages intériorisés nous rappelle que c’est nous qui sommes défectueux, indignes d’être aimés.
Le fantasme en nous doit mourir pour que nous puissions développer des relations saines. Il meurt lorsque nous acceptons de lâcher prise, de devenir les “orphelins” de parents idéaux qui n’ont jamais existé. Une telle démarche nous est accessible, au grand dépit d’un ego vigilant, grâce au soutien de l’entraide. Le changement le plus profond commence par un simple désir de changer.
Aujourd’hui, j’ai le désir de changer.
Résonance
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