La quatrième Tradition affirme une autonomie de groupe qui ressemble fort à l’idéal vers lequel nous tendons dans nos relations personnelles, surtout lorsque nous nous rétablissons de la codépendance. L’autonomie permet au groupe, comme à l’individu, de se développer pour atteindre son plein potentiel. L’autonomie dont il s’agit n’exclut ni l’interdépendance ni la solidarité, en particulier lorsque le bien-être ou l’intérêt des “proches”, c’est-à-dire des autres groupes d’entraide, est en jeu. Il n’est pas rare que certains groupes manquent de vigilance dans la mise en pratique de cette Tradition en se laissant prendre en charge par d’autres groupes: il en résulte presque automatiquement une baisse de la vitalité du groupe “dépendant”, en particulier au niveau du service qui est essentiel au fonctionnement de l’entraide. En fin de compte, à plus ou moins long terme, tout le monde est perdant, le groupe dominant comme le groupe dominé. Il existe bien sûr des situations particulières comme, par exemple, le démarrage d’un nouveau groupe, nécessitant un certain parrainage de la part de groupes mieux établis. La clause d’exception de la quatrième Tradition les prévoit et nous rappelle en cela que l’intérêt collectif passe avant les intérêts individuels: la fraternité avant le groupe, le groupe avant l’individu. Le prix à payer pour l’autonomie est la prise en main de ses choix et de ses responsabilités. Au bout d’une telle démarche se situe la pleine réalisation de soi.
Aujourd’hui, l’autonomie, la responsabilité et l’interdépendance sont en harmonie
dans ma façon de vivre.