Le mot “amour” faisait rarement partie du vocabulaire de notre enfance. Si nous en entendions parler, il s’agissait généralement de l’amour divin, à moins qu’il ne se soit agi de certaines expressions qu’il teintait d’inconfort comme “faire l’amour” ou “s’amouracher”. Des amoureux, on préférait dire et on dit encore : “Ils sortent ensemble” ou “ils se fréquentent”. L’amour peut être nié tant par celui qui aime que par celui qui est aimé. Le déni des compulsions est une caractéristique des familles dysfonctionnelles et c’est une version particulière du déni de l’amour. Sur la liste des deuils que nous devons traverser, le deuil de l’amour jamais exprimé et celui de l’amour nié tiennent une place de choix.
L’amour émane d’une énergie fondamentale associée à la notion même d’être en vie, tant au sens de la survie de l’espèce que de l’épanouissement individuel. Le terme “sacré” est généralement réservé à une telle énergie et chaque fois que nous en nions la puissance ou nous y opposons, nous commettons un sacrilège au sens originel de “vol d’objet sacré”. Le rétablissement vise à se familiariser avec l’amour afin de ne pas commettre le sacrilège de le profaner ni celui, tout aussi tragique, d’affubler de son nom certains comportements qui n’en sont point inspirés. Tout comme l’appartenance renforce l’individualité, l’amour librement exprimé se transmute en joie d’aimer et d’être aimé.
Résonance
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