Nombreux sont ceux qui, en grandissant, quittent leur demeure intérieure. Ceux qui ont subi les abus les plus graves se sont enfuis mentalement par ce que l’on appelle la dissociation, le divorce de leur esprit d’avec un corps où ils ne pouvaient plus vivre. Les compulsions constituent aussi une forme d’évasion. Il nous faut amorcer un retour en nous-mêmes si nous voulons connaître la paix. Il nous faut visiter notre demeure, pièce par pièce, en gravir les escaliers, en explorer les recoins, dépoussiérer, aérer. La connaissance de soi met fin au déchirement d’être dissociés, fragmentés, drogués.
Le vrai retour de l’enfant prodigue est celui que nous faisons dans notre propre demeure. Accueillons à bras ouverts cet enfant qui revient, réjouissons-nous avec lui, il est vivant, il va redonner vie à une maison dont les fenêtres ne projetaient plus que des ombres. Il a peut-être assimilé tout le savoir consigné dans les livres, appris toutes les techniques de survie dans la rue, mais il rentre chez lui car tout ce qu’il sait ne sert à rien tant qu’il s’ignore lui-même. Pour cet apprentissage, il a surtout besoin de silence. Les maîtres dont il s’inspire ne parlent pas. Ils montrent.
Résonance
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