Nous cantonner à une dimension expliquée de la vie, à l’intérieur des limites du “possible” tel que nous le concevons, ou tel qu’on l’a conçu pour nous, est un mode de survie appris dans notre culture et notre famille d’origine. Le déni joue un rôle important dans notre façon de faire face aux situations trop pénibles. Il est basé sur un raisonnement, conscient ou non, dont le point de départ comme la conclusion excluent la réalité que nous voulons nier. Je crois que ce que je vois est impossible, donc je ne le vois pas ! Je ne veux pas que ce que je vois soit réel, donc je me convainc que c’est impossible ! La science elle-même fonctionne très souvent sur ce mode dogmatique, et ses principes
fondamentaux ne sont remis en question que par l’esprit libre et créatif des grands génies.
Dans le cadre d’une culture où nous ne concevons souvent que ce qui se démontre ou ce dont nous avons une expérience sensorielle, la sagesse des Douze Étapes peut nous paraître dérisoire lorsqu’elle fait référence à une “Puissance supérieure” et à “Dieu tel que nous Le concevons”. L’expérience directe dont nous avons besoin ne nous vient malheureusement trop souvent, dans ce domaine, qu’à travers l’expérience de l’impuissance devant certains aspects douloureux de notre vie. La maladie, la proximité inquiétante de la mort et le désespoir causé par la folie de nos compulsions constituent, pour beaucoup, des expériences révélatrices d’une Puissance supérieure. Celle-ci ne requiert pas que nous la comprenions, mais que nous ayons fait l’expérience de notre impuissance.
Aujourd’hui, je ne rejette pas ce que je ne comprends pas.
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