Quatorze janvier

D’une cage de verre à l’autre, se regarder, s’isoler, se regarder: c’était tout.
— Julio Cortazar
   La vie dans nos grandes cités modernes a souvent été comparée à une vie en cage. Au-delà des cages physiques de l’immeuble et de la propriété, nous évoluons aussi dans des cages invisibles qui nous isolent les uns des autres, dans l’ascenseur, le métro, l’autobus, la voiture, la ligne d’attente à la caisse d’un grand magasin. Nos yeux sont devenus les fenêtres grillagées de nos retranchements : nous dévisageons, nous observons du coin de l’oeil, nous foudroyons du regard ou nous jetons un regard indifférent. Nous devons prendre le risque de quitter la sécurité de nos cages si nous voulons devenir humains à part entière. Les yeux, dit-on à juste titre, sont les fenêtres de l’âme et le chemin de notre rétablissement est souvent celui par lequel nos yeux finissent par rencontrer les yeux des autres. S’ils laissent d’abord transparaître une part de souffrance, ils rayonnent aussi très vite de la clarté qui accompagne l’acceptation de soi. En regardant la vie au-delà du cadre restreignant où nous étions habitués de la voir, nous découvrons des perspectives, nuances, couleurs et textures jusqu’alors inconnues. Miracle est le mot qui décrit nos premières impressions d’homme et de femme libres. Sérénité est le mot qui persiste, lorsque nos yeux s’habituent à la lumière.
Aujourd’hui, je me risque à sortir de ma cage.

Résonance

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