Quatorze septembre

De même que dans l’arbre, tout réside dans l’expansion d’une semence enfouie en terre, de même dans l’homme, tout n’est que ramification d’une sensation ou d’un sentiment radical devant la vie.

— José Ortega Y Gasset

   Le sentiment qui préside à notre vie spirituelle est fort semblable à celui qui, pendant des années, a présidé à nos compulsions. Nous avions faim et soif d’absolu, de dépassement. La soif d’infini nous a conduits à une variété presque infinie d’artifices et de tentatives d’évasion de soi, toutes vouées à l’échec. Le changement qui a mis fin à notre autodestruction est qu’au lieu de chercher à capter l’infini ou même littéralement à l’ingurgiter, nous avons découvert que nous en faisions partie et qu’il suffisait d’y assumer notre rôle. Ainsi a commencé la croissance de notre spiritualité.

   En portant sur chaque instant un regard neuf, nous épargnons l’énergie des comparaisons, des attentes et des déceptions. Notre maxime “un jour à la fois” doit être comprise en ce sens. Elle nous redonne quotidiennement la pleine jouissance de notre capital de liberté. Nous n’avons pas à aimer toute réalité qui s’offre à nous pour l’accepter. Ainsi, le jour où nous avons admis que nous étions impuissants devant nos compulsions, nous n’avons pas aimé la réalité à laquelle nous étions confrontés. En fait, elle nous répugnait. Notre acceptation dans la répugnance a pourtant marqué le début de notre rétablissement.

Aujourd’hui, je laisse croître les racines de ma spiritualité.

Résonance

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