Une des caractéristiques de la jeunesse semble être de se croire révolutionnaire. Nous voulons changer le monde, convaincus que si les présidents ou les rois et les adultes en général étaient quelque peu raisonnables, il ferait bon vivre sur la Terre. Quelques années plus tard, faisant le bilan de notre génération, nous nous apercevons que, pour l’essentiel, nous avons perpétué ce que nous critiquions chez nos aînés, parfois inventé des maux qu’ils ne connaissaient pas. Sur le plan personnel, nous découvrons avec effroi que certains traits de comportement ou certaines expressions que nous dénoncions chez nos parents font désormais partie de notre répertoire. L’idée que nous avions d’une révolution n’a pas produit les résultats escomptés et il est sage de la revoir.
Comme alternative à la révolution imposée aux autres, la sagesse des Douze Étapes nous propose une révolution intérieure. Révolution vient d’une racine signifiant rouler ou tourner. Nous avons jusqu’alors espéré que le monde se transforme conformément à nos désirs, s’adapte à nos idéaux. Faire notre révolution, c’est tourner vers nous les attentes que nous entretenons envers les autres et en faire des principes de conduite personnelle. La révolution du blâme est le détachement responsable, celle du ressentiment est la gratitude.
La révolution de l’attente est la disponibilité, celle du contrôle est l’abandon.
La révolution de l’isolement est la relation, celle de la peur est l’amour.
La révolution de la recherche du sens de la vie est l’acceptation du mystère de la vie, celle du perfectionnisme est l’humilité. Chaque fois qu’un individu fait sa propre révolution, le monde change.
Résonance
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