Quinze février

Nous ne regretterons ni ne renierons le passé.
—Anonyme
   Durant une réunion d’entraide au cours de laquelle plusieurs avaient parlé de leur enfance difficile, une femme s’était mise à parler de l’enfance choyée et merveilleuse qu’elle avait eue et qui n’avait rien en commun avec les récits qu’elle venait d’entendre. “Si je le pouvais, je vous donnerais à chacun un mois de mon enfance…” ajouta-t-elle, émue. Un des participants lui répondit alors: “Merci de tant de générosité, mais je ne changerais pas un iota à l’enfance que j’ai eue, malgré toute sa tristesse. Comme tout mon passé, elle est derrière moi, elle fait partie de moi, c’est à cause d’elle que je suis la personne que je suis, et je ne troquerais cette place pour rien au monde.”

   Tout aussi radicale que puisse nous paraître cette réponse, elle illustre une des retombées de la pratique des Douze Étapes. Vient un point dans notre rétablissement où la joie de s’être pris en main remplace le ressentiment qui nous rongeait le coeur. C’est ce qui inspire aussi à l’alcoolique en voie de rétablissement sa gratitude envers un trouble compulsif qui lui a permis de connaître la sérénité. L’arbre en été ne regrette ni ne renie le printemps ou les longs hivers passés sous la neige.

Aujourd’hui, je ne regrette ni ne renie mon passé.

Résonance

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