Un jeune homme confiait un jour à ses amis qu’étant enfant il comptait chaque soir les seize marches de l’escalier qui le conduisait à sa chambre. C’était sa façon d’oublier la discorde qui régnait autour de la table familiale et de conjurer sa peur de l’obscurité. Plus tard, il avait gardé l’habitude de compter les objets lorsqu’il ne se sentait pas en sécurité. Nous avons mille et une façons créatives de nier la réalité, en particulier celle de nos émotions. Le déni est un des instincts de survie les plus puissants que nous possédions, il sauve des milliers de vies chaque jour et, mal utilisé, fait aussi des milliers de victimes.
En 1991, selon des statistiques sur la dépendance chimique, quelque 130 000 personnes sont mortes d’alcoolisme aux États-Unis, et plus de 360 000 des conséquences du tabagisme. Les codépendants au cœur brisé qui succombent à la dépression, au désespoir ou au suicide ne sont pas répertoriés, pas plus que ne le sont ceux qui meurent des conséquences du travail compulsif ou des troubles alimentaires. Ils ont en commun d’avoir donné à des substances ou situations extérieures à eux-mêmes le pouvoir de saigner à blanc leur énergie vitale. Le malheur est que, lorsque l’on nie avec la complicité d’une dépendance, on ne sait pas qu’on le fait. Nier est une forme d’ignorance, un manque d’information. On meurt souvent de ne pas savoir vivre. C’est là une des raisons d’être de la douzième Étape de notre programme. En transmettant le message à d’autres, nous n’essayons pas de les changer, nous nous contentons de les informer. L’information la plus fiable est toujours l’exemple et non la publicité.
Aujourd’hui, j’informe par l’exemple.
Résonance
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