Dix-sept octobre

Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.

— Évangile selon saint Luc, 15.23

   L’histoire de l’enfant prodigue racontée dans la Bible a un écho particulier chez tous ceux dont les relations avec leurs parents constituent un des points sensibles de leur existence. Certains ont quitté la maison familiale dans des conditions moins qu’idéales et traînent avec eux un vieux bagage d’amertume et de tristesse. D’autres ne sont jamais partis, mais se morfondent dans la frustration et ruminent des rêves de départ. L’histoire d’un fils prodigue revenant chez son père et y étant accueilli à bras ouverts est donc de nature à soulever des émotions profondes où le cri intérieur de “moi, jamais” se mêle à des souhaits du genre “j’aurais bien aimé que mon histoire finisse comme cela”.

   La parabole de l’enfant prodigue est aussi une métaphore de la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. La culpabilité chronique, ou “honte toxique”, amène l’individu qui la ressent à se trouver mal dans sa peau. Doit-on être surpris s’il décide alors d’en sortir ? Il y a différentes façons d’être “hors de soi”. La colère en est une bien connue. Les obsessions, dissociations et compulsions en sont une autre. Le rétablissement est le retour de l’enfant prodigue dont nous sommes les vrais parents. Nous célébrons notre réunification après des années de séparation.

Aujourd’hui, je célèbre l’enfant en moi.

Résonance

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