Dans le domaine de la négociation, on parle de succès lorsque les deux parties arrivent à trouver le compromis qui assure à chacun d’en sortir “gagnant”, c’est-à-dire avec des concessions acceptables et des gains essentiels. Ce principe est utile à la gestion d’un grand nombre de relations visant à la cohabitation paisible. C’est un échange qui a très peu à voir avec le don inconditionnel.
Lorsque nous laissons nos préjugés choisir ceux qui méritent notre aide et ceux qui ne la méritent pas, nous pratiquons l’échange car nous demandons à l’autre de se conformer à nos critères. Cela ne signifie pas que le discernement est exclu de notre pratique du don, bien au contraire. Le discernement doit porter sur nos mobiles et non sur le récipiendaire possible de ce que nous avons à offrir. En d’autres termes, nous devons nous efforcer de pratiquer le type d’aide qui obéisse le moins possible à des mobiles cachés, d’où l’importance de la connaissance de soi. La sagesse du Tao Te Ching le dit en ces termes : “Si vous voulez servir les autres, faites-leur d’abord le cadeau de ne pas dépendre de vous.”
Lorsque nos actes, fussent-ils en apparence généreux, favorisent la dépendance, ils ne respectent pas la liberté. L’humilité est de mise dans la relation d’aide afin d’éviter l’égoïsme qui fait dire à plusieurs “c’est pour ton bien” et justifie un traitement d’autrui qui n’a rien du don. Devant l’infinie subtilité des mobiles qui nous animent, la priorité est de neutraliser ceux qui font le plus obstacle à notre liberté et à celle des autres. L’anonymat, dans ce domaine, est un outil de choix.
Résonance
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