Pour beaucoup d’entre nous, l’idée du pardon est associée à celle de la défaite ou de la faiblesse et soulève un sentiment d’outrage: “Lui pardonner? Jamais!” C’est un peu comme si nous gardions la rancune au coeur comme un antidote contre le mal qu’on nous a fait, un exorcisme pour les fantômes qui s’aviseraient de le répéter, une punition pour les auteurs du forfait. Il nous est, par contre, relativement facile de souhaiter à ceux qui pourraient avoir quelque grief contre nous de cesser de s’empoisonner l’existence avec des événements qui appartiennent au passé. Nous trouvons le ressentiment des autres à notre égard d’autant plus regrettable et stérile que notre culpabilité a disparu lorsque, ayant admis notre impuissance à changer le passé, nous nous sommes pardonné. Nous savons donc, au moins dans certains cas, reconnaître la prison où s’enferment les autres de par leurs ressentiments envers nous et sommes enclins à les inviter à “laisser tomber”.
Notre rancune est une prison d’autant plus perverse que nous nous y enfermons pour un méfait commis par d’autres. Le pardon nous en libère. Pardonner implique une expérience du deuil car cela signifie la perte d’une illusion et celle d’une rancune. Le deuil de l’enfance que l’on aurait voulu avoir est peut-être plus important encore que celui de l’enfance qu’on a eu et nous redonne la liberté de progresser. C’est pour cela que nous devons nous doter d’un milieu favorable à l’expérience du deuil et nous y préparer.
Résonance
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